Ils seront plus de 1400 à intégrer les rangs des praticiens spécialistes de la santé publique lors de cette première session d’affectation et qui auront à choisir entre les 2400 postes ouverts au titre de l’année 2017.
Nous félicitions tout d’abord à cette occasion les lauréats du DEMS, et leur souhaitant la bienvenue parmi nous, tout en déplorant que cette année encore, leurs premiers pas dans la carrière se fassent par l’expérience traumatisante du service civil.
Nous rappelons à ce propos que le SNPSSP a toujours milité pour le libre choix de la carrière, ce qui passe par l’abrogation à terme du dispositif injuste du service civil. En effet, dans notre vision, le problème de la couverture sanitaire du pays doit passer par la mise en œuvre de mesures incitatives qui devront remplacer le dispositif coercitif du service civil. C’est cette revendication qui est portée depuis plus de 20 ans par le SNPSSP auprès de toutes les institutions du pays, jusqu’à la Présidence de la République. Si cette lutte n’a pas encore atteint son objectif final, des jalons importants ont été posés sur ce chemin.
Tout d’abord, un grand progrès est la préparation du plan annuel d’affectation dans le cadre de la « commission nationale d’affectation, de recours , de suivi et d’évaluation du service civil », en présence des représentants des praticiens spécialistes de la santé publique et non pas de façon purement administrative , avec le souci de concilier les objectifs du service civil avec des conditions de réalisations acceptables.
Une autre étape importante est l’inscription des mesures incitatives dans le projet de nouvelle Loi sanitaire, offrant ainsi l’ancrage juridique qui manquait pour permettre leur mise en œuvre.
Le principe du droit au logement de fonction dans le cadre du service civil est consacré : le MSPRH s’engage à réaffecter tout praticien spécialiste qui ne sera pas logé, ce droit ne pouvant cependant être revendiqué dans les grandes villes du Nord du pays.
Les spécialistes nouvellement affectés doivent savoir également qu’ils doivent se présenter aux DSP en premier, lesquels sont instruits par le Ministre de la santé pour garantir que les conditions convenables soient assurées par les chefs d’établissement, au lieu de la prise de fonction quasi-clandestine qui prévalait autrefois.
Bien entendu, les nouveaux spécialistes pourront également compter sur l’accompagnement par nous délégués dans les établissements qui sont structurés.
À l’issue de la première affectation, beaucoup d’entre vous demanderont un recours, et là aussi vous avez la garantie que tous les recours seront étudiés dans le cadre de la commission, en présence de vos représentants. Mais vous devez être conscients que « trop de recours tuent le recours » : les recours sont accordés surtout dans les grandes villes, donc pour une durée de 4 ans, et cette pratique très large ces dernières années a amené à une réduction drastique des postes disponibles dans beaucoup de wilayas du nord. Néanmoins le principe du regroupement familial pour les couples de spécialistes sera maintenu, sachant qu’il peut être assimilé au droit d’être maintenu là où on a été formé.
Les nouveaux spécialistes sont invités à opérer leur choix dans la sérénité pour ce passage obligé dans leur carrière, en se mettant en contact avec leur administration locale ( le DSP) dès leur arrivée, sans méfiance excessive et sans défiance, la communication étant le meilleur moyens d’anticiper – et de régler – les problèmes éventuels. La gestion de notre carrière est décentralisée, ceci implique que l’essentiel des problèmes se régleront au niveau local. Et les solutions seront plus facilement trouvées de façon collective, et non « à l’algérienne » avec la politique du « chacun pour soi ». En effet, l’expérience a montré que le principal ennemi du spécialiste ne sera ni l’administration, encore moins la population, mais bien lui-même, ou plus exactement, le manque de solidarité entre spécialistes.
En effet, en tant qu’individus, les spécialistes seront à la merci des abus éventuels ou tout simplement des incohérences de l’administration. Ils ont tout intérêt à s’organiser en sections syndicales, ce qui leur donnera un poids indiscutable en matière de capacité de négociation avec le directeur et le DSP.
Le SNPSSP apportera tout son concours aux praticiens spécialistes de la santé publique qu’ils sont, quel que soit la durée qu’ils auront à passer parmi nous, pour peu qu’ils s’organisent au niveau de leur établissement. il faut savoir à ce propos que le Ministère de la santé fait du dialogue social et la prévention des conflits une priorité, et que les voies du dialogue sont garanties et ce pour la prise en charge de tout problème rencontré.
Enfin, notre souhait est qu’une majorité de spécialistes récupéreront leur quitus, non pas avec le sentiment amer d’années perdus, mais d’avoir vécu le service comme une formidable occasion de mettre en pratique de façon autonome ce qu’ils ont appris dans le CHU, mais dans d’autres environnements professionnels qui nécessitent souvent de développer des aptitudes nouvelles notamment de gestion.
Bonne chance à tous et à toutes !
Pour mémoire, les mesures incitatives dans le cadre du service civil proposées par le SNPSSP : télécharger ici.
Pour les textes réglementaires régissant le service civil, consulter le lien suivant: https://snpssp-dz.org/?p=8576